Citation #4 Maria Montessori

Dire à un enfant qui a mal « ce n’est rien », revient à l’embrouiller, car on nie son impression alors que justement, il en cherche la confirmation auprès de nous.

Voilà le partage d’une nouvelle citation de Maria Montessori qui vient illustrer l’article récemment publié ici au sujet des hypersensibilités.

Au fur et à mesure de mes réflexions au sujet des hypersensibilités, je réalise à quel point il est difficile (voir impossible ?) de faire preuve de compréhension pour un sujet qui ne nous touche pas personnellement.

Ce que je veux dire est que nous pouvons faire preuve d’empathie, d’écoute mais je ne sais pas si nous sommes capables de comprendre quelque chose (un événement, un acte, un sentiment, une douleur, une sensation, un choix de vie etc…) si on ne l’a pas vécu soi-même. D’autant plus lorsque cette chose est “invisible”.

Pour illustrer cela, je vais prendre un exemple : Si je n’en parle pas, personne ne sait que la lumière du soleil me gène ou que le parfum de la dame qui marche devant moi me donne la nausée. Si j’en parle, la personne qui m’accompagne peut faire preuve d’empathie et d’écoute (“cela doit être difficile au quotidien” “ah oui l’odeur te dérange, moi je ne la sens pas!”) mais cette personne ne peut pas comprendre ce que je vis, ce que mon enfant vit, ce qu’une personne hypersensible vit au quotidien . Juste l’imaginer peut-être ?

Cette manière de voir mes hypersensibilités me permet de ressentir moins de colère face à ces nombreuses incompréhensions, surtout venant de personnes qui comptent beaucoup pour moi.

Maintenant, lorsque quelqu’un me reproche de réagir différemment : “Oh tu exagères, on ne le sens même pas son parfum!” j’essaye de me dire : “Ok ne lui en veut pas. Sa réflexion était maladroite pour TA réalité mais pas pour la sienne.” Si je n’y arrive pas sur le moment, je laisse passer la colère et j’y reviens ensuite…

Cela n’est pas toujours évident à mettre en place. Cependant, petit à petit j’ai espoir que cela me sera d’une grande aide. Ne pas en vouloir aux autres mais accepter d’être différente et critiquée.

Et c’est ce que j’essaye d’apprendre à mes enfants car il est essentiel de mettre en place ce genre d’ outils au plus tôt.

Pour en revenir à la citation de Maria Montessori, prenons la situation d’un enfant qui tombe et qui se met à pleurer. Ce ne sera jamais pour rien. Il peut pleurer parce qu’il a eu peur, parce qu’il a mal, parce qu’il est vexé d’être tombé devant ses copains…

Beaucoup d’émotions peuvent se mélanger mais en aucun cas ce ne sera “rien”.

crédits : Myriams-Fotos

Mais alors, comment accompagner l’enfant ? :

Voici ce que j’ai souvent utilisé avec mes enfants mais aussi quotidiennement avec mes élèves. La cour de recréation est un moment très intense lorsqu’on veut prendre le temps d’accompagner au mieux chaque enfant qui se retrouve pour une raison ou une autre en situation inconfortable. Solitude, stress, fatigue, dispute, chute…Les occasions ne manquent pas !

Restons sur l’exemple déjà cité d’un enfant qui tombe et se met à pleurer :

*décrire ce qu’il lui est arrivé : “tu es tombé”,

*décrire la situation : “tu pleures”,

*lui demander ce qu’il ressent : “est-ce que tu as mal?/peur?… L’aider si besoin à identifier ses ressentis et à les mettre en mots.

*Attendre sa réponse : “j’ai maaaal, là, mon genou!”

*Puis le conforter dans ses sensations ” tu as mal”.

Pour enfin, tenter de le rassurer . Peut-être en lui proposant de nettoyer lui même son genou si besoin, en lui demandant s’il veut un bisou ou un câlin ?

Je pense que cela peut paraître artificiel -pour nous adultes- mais, pour l’enfant, être écouté et entendu dans ses sensations, ses émotions est essentiel pour sa vie entière. Il sera progressivement capable d’identifier seul ses émotions et d’y faire face de manière adéquate. Mais cela doit passer par un apprentissage. Comment reconnaître une émotion si nous avons toujours entendu que “ce n’est rien”, “arrête ton caprice” etc…

Une fois adulte, il est difficile d’avoir des attitudes ou des comportement différents de ce que nous avons vécu enfant. Il faut du temps pour prendre conscience des mécanismes et des automatismes qui nous “gouvernent” pour pouvoir progressivement, sans culpabiliser (Ah oui c’est possible?) faire autrement !

Et si tout cela est difficile sur le moment pour une raison quelconque (trop de demande, fatigue etc…) je pense qu’il est préférable de laisser l’enfant pleurer sans commenter les pleurs . Évitons autant que possible les “ce n’est rien ça va passer ! “. Une écoute active peut parfois suffire à calmer un enfant sans lui envoyer d’informations contradictoires avec ses propres ressentis.

Si si je vous assure ; -) Tentez l’expérience aux prochaines larmes !

crédits : Pezibear

Et vous, que pensez-vous de tout cela ?!

Stéphanie

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